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Table ronde de la coopération forestière européenne

Le séminaire européen des coopératives, organisé par l’Union de la Coopération Forestière Française, s’est
tenu au château de Compiègne les 25 et 26 septembre 2008. A cette occasion de nombreuses personnalités ont débattu sur différents sujets, notamment de la place de la coopération forestière dans la filière bois…en voici quelques propos rapportés par Bernard Palluet.
Quel est l’état de la forêt française ?
Le constat général de M. Vasseur, ancien Ministre de l’Agriculture, est peu réjouissant :
1° Les forêts françaises sont importantes et variées, mais on peut regretter un déficit de mobilisation alors que la capacité de production est supérieure à la demande.
2° Avec 10 scieries possédant plus de 100 salariés, l’industrie de première transformation est faible sur le plan européen.
3° La balance commerciale du bois est déficitaire malgré tous les atouts de nos forêts.
4° S'agissant de la coopération forestière, 30% de propriétaires sont adhérents de coopératives en Europe et seulement 17% en France.
Quel doit être le poids de la coopération forestière dans la filière bois ?
M. Thorstensson, administrateur de la coopérative Suédoise SODRA, souligne l'importance d’être dans une organisation de producteurs et de travailler en commun pour avoir la capacité d'accéder aux marchés. Par ailleurs, en suède, la coopération est facteur de développement industriel. « Les adhérents des coopératives doivent comprendre les connections de l'économie et investir dans les outils industriel pour que ces derniers restent compétitifs. »
M. Sibille, PDG du Crédit Coopératif, montre que généralement les coopératives sont plus pérennes que les autres entreprises compte tenu de leurs liaisons fortes à la fois sur le territoire et dans le temps.
Quels sont les atouts de la coopération ?
Mme de l'Etoile, Présidente de l’UCFF, évoque les arguments suivants :
- Gestion des coopératives par des forestiers
- Personnel spécialisé dans la gestion
- Mise à disposition de moyens modernes : informatique, nouvelles technologies, R&D
- Maîtrise environnementale et maitrise de la gestion durable
- Expertise commerciale
- Assurance d'approvisionnement pour les industries
Quel rôle doit jouer la coopération forestière ? L’exemple du bois-énergie
Selon M. Jurczack, PDG de POWEO, les fournisseurs d’énergie attendent la sécurisation de leur approvisionnement sur 10, 15, 20 ans. Les à coups des appels d’offre actuels sont néfastes. En effet, seuls les engagements à long terme donnent des garanties pour décider d'investir. Il affirme que sa société ne souhaite pas aller plus loin à l'amont que l'exploitation de plateformes d'approvisionnement. Il attend des coopératives qu’elles sécurisent les volumes et la qualité du produit.
On retiendra aussi les dernières paroles de M. Vasseur : « La coopération est appelée à jouer un rôle primordial dans l’avenir. Toutefois, elle ne pourra jouer efficacement ce rôle qu’en passant par la rentabilité et tout en gardant ses valeurs, c'est à dire en montrant son utilité sociale et en affirmant son action sur le territoire : proximité, solidarité et respect des coopérateurs. »

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